Pour commencer je suis désolé pour ce jeu de mot pourri qui me sert de titre, mais je dois bien avouer que je n’ai rien trouvé d’encore pire. En ce moment, il faut bien le reconnaître, je ne suis pas dans ma meilleure forme pour écrire des choses valables. Pourtant l’actualité pourrait me donner de nombreuses raisons d’écrire. Mais voilà, à l’heure qu’il est, je n’ai plus beaucoup d’envie d’écrire. Plus d’envie, plus d’énergie. Poser les doigts sur mon clavier est devenu un effort quasiment surhumain. Je suis bien en train d’écrire un texte un peu long, mais je ne m’en sors pas vraiment de celui-ci. Je patauge, je stagne et je ne suis pas content de moi. En ce lundi matin, je me trouve dans une salle d’attente légèrement blindée et j’ai un peu de temps devant moi. Alors je prends mon ordinateur et je vais essayer de pondre quelques lignes. Il y a un fait d’actualité qui est incontournable en ce moment, c’est bien sûr la sécheresse qui sévit en France. Non je déconne, l’affaire incontournable, l’affaire avec un grand, un énorme A, est l’affaire Strauss Kahn. Je te raconte comment j’ai appris l’histoire. C’était un dimanche matin et je ne sais pas ce que j’ai, les jours de week-end je me réveille beaucoup trop tôt. Aussi ce dimanche là, j’ouvre un œil et je sens que je ne vais pas me rendormir, alors je me lève, je vais faire sortir ma chienne, je lui donne sa pâtée, je chope mon vieux téléphone portable qui me permet encore, même sans carte SIM d’écouter la radio. Je mets les écouteurs sur les oreilles, je mets France Info et je me remets au lit sans déranger ma moitié, voire un peu plus, qui dort encore. Et là, stupeur, j’entends que DSK a été arrêté à New-York dans l’avion qui partait pour Paris. Il est accusé d’avoir abusé sexuellement une femme de chambre du Sofitel de Manhattan. D’abord, je n’y crois pas, je me dis que je ne suis pas encore réveillé, je me demande si nous sommes le 1er avril, mais non, j’ai bien entendu, DSK est dans de sales draps. Des draps pleins de sperme…… Alors je pourrais broder un bon moment là-dessus en répétant tout ce qu’on a entendu depuis. Mais je vais juste en dire deux ou trois choses. La première chose que je retiens est ce qui m’est passé dans la tête ce matin là. Tout de suite, je me suis dis que DSK était foutu et qu’il ne serait pas candidat en 2012, à 7 heures du matin ce dimanche là c’était déjà foutu pour lui, j’en étais persuadé. Je me suis aussi dit que ce qui arrive à DSK est simplement une grave péripétie dans une vie individuelle. Le problème c’est que le destin individuel de DSK a plus de poids que le mien par exemple. Tu vois, ma lectrice, il m’est déjà arrivé de passer une semaine dans un Sofitel, et bien déjà tiens-toi bien car tu ne vas même pas le croire, je n’ai même pas violé une seule noire. Ni une blanche d’ailleurs. Ni une poule et encore moins un gamin. Je sais me tenir moi. Mais imaginons une seconde que j’aie pu inonder de ma semence la jolie femme de chambre d’origine vietnamienne qui était venue faire ma chambre en mars et bien la face du monde n’en aurait pas été changée pour autant. Ma vie à moi, oui. Et celui du chemisier de la vietnamienne aussi. Là concernant Strauss Kahn, c’est totalement différent. Car le fait qu’il se fasse gauler la main dans la braguette va faire que le destin de la présidentielle de 2012 va être totalement bouleversé. Et personne ne peut dire dans quel sens. Peut-être que cela sera un mal pour un bien. Mais peut-être aussi que Sarkozy sera réélu. Que l’âge de ma retraite en sera ainsi impacté. Que mes enfants se retrouveront dans des classes à 50 élèves. Que ma santé en souffrira aussi à cause de la disparition progressive de la sécurité sociale et de la poursuite insensée du démantèlement des acquis sociaux apparut avec la Conseil National de la Résistance. Que le nucléaire va continuer au détriment des énergies renouvelables. Peut-être bien que tout cela et bien d’autres choses encore. Mais je n’en sais rien encore et personne n’en sait rien. Tout ça à cause des hormones débordantes de Dominique. Comme quoi je sais depuis longtemps que nos vies tiennent à peu de choses, mais jamais je n’avais encore pensé que l’avenir de la France peut-être à une paire de couilles. Nous ne sommes pas grand-chose, nous devons avoir l’humilité de le reconnaître.
Tu vois en ce qui me concerne, je n’ai jamais aimé Strauss Kahn. Je sais c’est facile à dire maintenant, mais je te jure que c’est vrai. Je ne l’ai jamais senti, ce mec. Je ne me suis jamais senti proche de lui. Mais alors pas du tout. C’est tellement vrai que je me disais que je ne voterai pas pour lui à la présidentielle, même au second tour, tellement il me donnait envie de gerber. Si c’est Martine Aubry, je voterai pour elle. Si c’est Hollande aussi. Moi j’aime bien les losers. Et Hollande est une sorte de loser. En tout cas, moi l’image que j’en ai est celle des guignols qui est assez réductrice et cinglante. Et bien tu vois, cela me plairait assez de voir un loser, et moi je m’identifie à la classe des losers, gagner la présidentielle. Cela ferait un beau pied de nez au bling-bling incessant de notre monde, à la glorification de la beauté, de la réussite, au règne de l’écrasement des autres et du fric roi. Cela me ferait du bien, car Hollande je n’aurais pas misé un centime sur lui il y a un an et je trouve que cela ferait un beau pied de nez à l’histoire et au sérial niqueur Strauss Kahn qui fait partie de ces gens à qui j’ai envie de cracher à la gueule. Voire de leur faire subir le sort des aristocrates à la lanterne. Mais ah, ça ira, ça ira ma Lectrice. Juste une parenthèse à propos de cela, l’autre jour j’écoutais Là Bas Si J’y Suis de Mermet en voiture et il était à Madrid sur la place qui est sous les feux de l’actualité, je dis cela car j’ai bouffé son nom. Et bien quand j’entendais ce reportage, avec tous ces Indignés, toutes ces bonnes volontés, avec toute cette force collective qui se dégageait de leurs paroles diverses et variées, j’avais les larmes qui me montaient aux yeux. Je sais que c’est con, que tout cela est vain, mais je trouve cela tellement beau et cela me fait me sentir tellement moins seul avec mes grotesques utopies. Cela me faisait tellement de bien d’entendre que d’autres personnes pensent comme moi, tellement de bien de penser que non, je ne suis pas un fou isolé. Cela me faisait du bien de penser que, malgré toute la puissance des médias, tout le discours normé et répétitif des médias il y a encore des îlots d’espoir. Je dis bien îlots car pour l’instant c’est bien tout ce que c’est. Quelques moutons noirs au beau milieu de milliards de moutons blancs. Cela m’amène directement aux médias et à la façon dont ils ont traité l’affaire de l’obsédé de Manhattan. J’ai trouvé cela incroyable. Moi je n’ai suivi toute cette histoire qu’avec la radio. Je n’ai vu absolument aucune image télévisée de ce triste sire. Et déjà, j’ai trouvé cela grotesque. Sur France Info, éditions spéciales du soir au matin et du matin au soir. Trop c’est trop. Le top a été atteint le soir de la comparution de Strauss Kahn. Ce soir là, Dominique nique passais devant le tribunal et les caméras et les sons étaient interdits. Il y avait deux journalistes de Radio France à l’intérieur du tribunal qui twittaient !!!! Putain moi je ne sais même pas ce que c’est Twitter, mais cela à l’air vachement bien. En gros tu peux faire des textos de 150 caractères ou à peu près, je ne sais même pas en fait. Sauf que ‘est avec un smartphone. Tu parles d’une révolution !!!! Et puis il y avait des commentateurs devant le tribunal qui te disaient qu’il y avait un hélicoptère et que c’était incroyable. Punaise, les gars, c’est votre connerie qui est incroyable !! Si tu n’as jamais vu un hélico change de métier mon pote. Et il y avait aussi une nana qui commentait les bribes lues sur Twitter et elle s’extasiait cette conne car DSK avait une chemise bleue et s’était rasé!!!! Et tu sais s’il s’était lavé les couilles ce gros goret ???? Pendant un instant, j’ai cru qu’ils commentaient la finale de la coupe du monde tous ces gastéropodes, tellement ils s’excitaient devant leurs micros. Je me demande s’il n’y en a pas une ou qui aurait eu un orgasme discret. J’ai éteint la radio quand on m’a appris sur un ton emballé et empli de la plus grande conviction qu’Anne Sinclair avait trébuché en montant l’escalier et que DSK lui avait fait un signe dans la salle d’audience. Si j’étais vulgaire, je te dirais que j’aurais bien aimé savoir si elle avait refait les bouts de maïs qu’elle avait mangé la veille dans son plateau repas dans l’avion. Ou si elle avait réussi à tout digérer. Moi ce que je me demande, ce que j’aimerais vraiment comprendre, c’est pourquoi Anne Sinclair soutient corps et âme son queutard de mari. Je trouve cela complètement incroyable, dingue, fou et je ne trouve plus de synonyme alors j’arrête. Alors j’ai mené mon enquête. Ma chérie, que j’ai dit à ma femme, si j’avais sodomisé une black au Sofitel parce qu’une semaine c’est long tu comprends, tu viendrais me soutenir à mon procès, me payer 1 million de dollars de caution et une prison dorée ? Plutôt crever m’a-t-elle gentiment répondu, plus jamais, tu entends, je ne t’aurais adressé la parole. OK,OK, je comprends. Alors je suis allé voir ma binôme. Ma chérie, que j’ai dit à ma binôme, si ton mari avait mis son zizi dans la bouche d’une soubrette thaïlandaise et lui avait prodigué de joyeux allers et retours dans cet orifice jusqu’à ce qu’orgasme s’ensuive, pour ledit mari, qu’on s’entende bien si on le peux encore, tu serais aller te casser la gueule sur l’escalier d’un tribunal de Harlem, même si Harlem ça a quand même une autre gueule que Viry Châtillon et que ça ouvre le désir ? Ah non, plutôt lui faire bouffer ses testicules à ce gros connard !!! Heu, non, sois gentille avec lui s’il te plait, il n’a rien fait, je rigole. Une vraie tueuse ma binôme !!! Alors je me suis tourné vers ma chef. Dis ma chérie que je lui ai dit, si ton mari s’était fait pincer en train de faire, avec tous ses potes professeurs de marketing, un gang bang avec son étudiante préférée, tu irais le soutenir dans son grand malheur. Aaaaah non !!! Moi je suis une lionne qu’elle me dit, je crois que je le tuerais !!!! Ben merde que je lui fais alors, il y a un truc que je ne comprends pas…..Voilà toi qui est chef, donc plus intelligente que moi, tu vas peut-être enfin pouvoir m’aider. Et je lui crache le morceau, comme le ferait une secrétaire ayant passé l’après-midi dans le même bureau que DSK : mais qu’est-ce qui fait qu’Anne Sinclair soit toujours et encore aux côtés de Strauss Kahn dans ces moments où la plupart des femmes n’auraient, à sa place, que des envies de castration ou pire de meurtre ? Elle s’arrête un moment, se tourne vers moi, me fixe un moment avec l’air pénétré (c’est l’air qui est pénétré, pas elle) de celle qui réfléchit intensément, ce qui me fait taire. Car je sens qu’elle détient peut-être le secret qui ronge mes nuits et qui m’empêche de dormir depuis une bonne semaine. Ma respiration se bloque quand son regard noir s’éclaire. Je ne bouge toujours pas dans l’attente de la révélation qui est imminente, je le pressens.
« C’est l’amour, Anne Sinclair est une femme raide dingue d’amour pour son mari. » me dit-elle.
Comme quoi les choses sont parfois plus simples que ce que j’imaginais et que la vie n’est pas si merdeuse que ce je veux bien penser. Car si l’amour à ce point existe, c’est que notre monde n’est pas complètement perdu. Allez ma lectrice, ne fais pas comme Strauss Kahn, ne lâche rien.
Voilà.

Bonjour ! intéressant, ton questionnaire adressé aux femmes amoureuses…Je ne sais pas ce que j’aurais dit.
Je suis revenue ce week-end. Impossible de me connecter sur internet pendant mes vacances à cause de Bouygues qui a déconnectré mon fils (et beaucoup d’autres aaussi parait-il). J’expliquerai tout ça plus tard.